Nelson Messe de Haydn
La Messe pour les temps d’angoisses, selon son titre original,
est la plus dramatique et la plus puissante des messe de Haydn. Elle
est écrite après le succès de La Création,
et les deux voyages triomphaux à Londres, alors que Haydn, à
66 ans, est au sommet de son art et de sa renommée. Comme les
cinq autres dernières messes de Haydn, elle réalise la
synthèse de tous les modes d’expression que le compositeur
a utilisé au cours de sa carrière, intégrant dans
une unité supérieure des éléments baroques,
concertants et un style vocal nouveau fait de contrastes continuels.
D’un seul jet, d’une tension constante à l’effet
parfois dévastateur, elle doit son surnom à sa dédicace
à l’Amiral Nelson qui vient de remporter la victoire d’Aboukir
contre Napoléon, alors que les monarchies européennes
tremblent devant l’avance des armées révolutionnaires.
Apprenant la nouvelle, Haydn modifie profondément la fin de sa
messe pour lui donner cet élan jubilatoire comme un cri de victoire.
The “mass for times of anguish” (by its original title)
is the most tragic and the most powerful of all the masses by Haydn.
It was composed after the success of “The Creation”, and
after two triumphant journeys to London, when Haydn (then aged 66) was
at the heights of his art and fame. Like the five other final masses
by Haydn, it is a synthesis of all the means of expression that the
composer has used during his career. It integrates baroque elements,
elements of symphonia concertante and a new vocal style characterized
by continuous contrasts, into a superior unity. A mass in one throw,
with a constant tension - sometimes devastating. It is called “Nelson
mass” as a dedication to Admiral Nelson, who at the time had just
won the victory of Aboukir against Napoleon, whilst European monarchies
were trembling at the revolutionary armies’ advance. Upon hearing
the news, Haydn decided to change deeply the end of his mass, adding
an exulting momentum, like a cry of victory.
Messe
en ut n°4 de Schubert
Schubert compose cette messe en juillet 1816 à l’âge
de 19 ans pour l’église de Lichtental, à la demande
de l’organiste de cette paroisse, Michael Holzer. L’ événement
est important pour le compositeur : il s’agit de la première
exécution d’une de ses oeuvres en public, et Salieri, figure
influente de la vie musicale viennoise et ancien professeur de Schubert
est présent. Est-ce pour cette raison qu’il aura toujours
une affection particulière pour cette oeuvre, la simplicité
et le naturel de son inspiration ? C’est la seule en tout cas
qu’il fera imprimer de son vivant en 1825. Comme toute la musique
religieuse de Schubert, elle s’inscrit pleinement dans la tradition
classique héritée de Mozart et Haydn, habitée par
le génie mélodique qui nous rend Schubert aussi nécessaire
que ses illustres aînés.
Schubert composed this mass for the church of Lichental in July
1816, when he was 19 years-old. It had been commissioned by the organist
of the church, Michael Holzer. This was an important event for the composer:
it was the first time one of his works was performed before an audience,
and Salieri was there. He was Schubert’s former teacher and an
influential character in Vienna circle of music. Is this the reason
why Schubert always bore a particular affection for that work and its
simple and natural inspiration? In any case, this work is the only one
that he had printed during his lifetime, in 1825. As all other religious
music by Schubert, it fully lies within the scope of classical tradition
inherited from Mozart and Haydn, filled with the melodic genius that
makes Schubert as essential as his illustrious elders.