Opéra Eclaté - Festival de Saint-Céré
 
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La Traviata
Opéra en trois actes de Giuseppe Verdi.
Livret de Piavé d’après La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils.
Production chantée en italien

Dates de la tournée nationale 2007/2008:

Samedi
18-août-07
CHAMBERY
Mardi
08-jan-08
Mercredi
09-jan-08
Jeudi
10-jan-08
Vendredi
11-jan-08
BLAGNAC Odyssud
Samedi
12-jan-08
BLAGNAC Odyssud
Dimanche
13-jan-08
CASTRES
Jeudi
17-jan-08
Samedi
19-jan-08
ISSOUDUN
Dimanche
20-jan-08
Samedi
26-jan-08
GAGNY
Jeudi
31-jan-08
Vendredi
01-fév-08
ALES
Samedi
02-fév-08
ALES
Mardi
05-fév-08
Jeudi
07-fév-08
Vendredi
08-fév-08
Samedi
09-fév-08
Mercredi
13-fév-08
Jeudi
14-fév-08
Vendredi
15-fév-08
Samedi
16-fév-08
Mardi
19-fév-07

La Traviata Festival Saint-Céré 2007 (photo Nelly Blaya)

Direction musicale :
Dominique Trottein

Mise en scène :
Olivier Desbordes

Décors, costumes et lumières :
Patrice Gouron
n

Violetta : Isabelle Philippe / Burcu Uyar
Alfredo : Andrea Giovannini / Charles Alves da Cruz
Germont : Armand Arapian / Matthieu Lecroart
Flora : Hermine Huguenel
Gaston : Eric Vignau
Baron Douphol : Jean-Michel Ankaoua
Marquis d’Obigny : Eric Demarteau / Alain Herriau alternera
Docteur Grenvil : Alain Herriau / Jean-Claude Sarragosse
Annina : Flore Boixel

Chœur et orchestre Opéra Eclaté
Orchestration de Philippe Capdenat

Production créée au Festival de Saint-Céré 2007.


La Traviata Festival Saint-Céré 2007 (photo Nelly Blaya)
        


Note d’intention
La Traviata : le drame discret de La Bourgeoisie !
La Traviata, discreet tragedy of The Bourgeoisie!

Il est frappant de noter qu’au 19e siècle la notion de plaisir sexuel est liée à l’infidélité.
Mais que cette infidélité à la cellule familiale est une sorte de fidélité à celle-ci, puisque ce même plaisir est organisé de manière à n’être pas structurellement dangereux pour la cellule familiale.
En effet, le milieu des « Traviata » n’est pas épousable, il ne correspond pas aux valeurs domestiques, il se surajoute comme une gourmandise « interdite » mais tolérée.
La société bourgeoise se structure sur deux pôles : la morale stricte, la religion qui cadre, la reproduction et les alliances qui confortent les « rentes-FCP » et l’avenir, et - en face - le plaisir immédiat, sans perspectives, sans enjeux, sans prudence, sans humanisme.
Ce plaisir est un peu comme le RMI garanti des belles filles du peuple, mais tant qu’elles sont belles et jeunes ! Bref on n’épouse pas la bonne, si belle soit-elle, on en profite sans vergogne et on la laisse…
Le plaisir ne fait pas partie de la vie familiale, le plaisir ne fait, en aucun moment, partie de la religion : le bonheur est sage, bien repassé, amidonné, strict…
Les petites gens échappent à cette organisation, ils travaillent et meurent sans utopies… Leur plaisir est considéré vulgaire et bestial…
La vraie volupté est donc concédée aux femmes choisies pour ce travail, par les bourgeois, comme on choisit une voiture ou une montre.
Notre Traviata en est là, à la lisière entre des origines pauvres et une beauté rayonnante dont l’insolence n’a le droit de s’exposer, qu’au service des « propriétaires ».
La religion enfin persuadera chacune d’entre elles que leur fin tragique n’est que le résultat de leur péché, comme si l’on pouvait reprocher à la pomme d’avoir existé et séduit Adam !
Comme si, surtout, il y avait d’autres solutions !
Or la société ne peut leur proposer une autre place, elle crée une carence, elle occulte le petit peuple. Il y a des « couches sociales », il n’y a pas « d’échelle sociale » ! On ne peut pas passer d’une couche puante et triviale à une couche morale et riche.
Les dominants ne se rendent compte de rien, ils s’auto-absolvent de leurs égarements sans se rendre compte qu’ils marchent sur la misère morale et physique.
Ils emplissent le monde d’une compassion formelle aidée par une charité sociale de bon aloi, ils savent pleurer mais ils ne voient rien que leur orgueil enrichi d’une déculpabilisation à bon marché !

Avec La Traviata, Verdi installe sur scène ces femmes que la bonne société ne veut pas voir. Parce qu’elle les fabrique, en fait usage puis leur refuse vertueusement tout rachat. Il donne
grandeur tragique et sentiments à celles dont on ne voudrait voir que le corps à marchander. Il introduit ainsi à l’opéra une arme redoutable : la vraisemblance, et tient enfin ce qu’il appelle « un sujet actuel ». La censure tentera en vain de désamorcer cette bombe. On n’imagine pas aujourd’hui à quel point le quatrième acte a pu paraître violent et indécent à l’époque. A l’opéra, on meurt hors scène, par la lame ou le poison. La longue agonie de Violetta, ses toux qui la minent sont un brusque rappel de la morbidité des corps que la bourgeoisie veut sains et corsetés.
On pourrait alors trouver la popularité de La Traviata étonnante.
Mais l’amour que Verdi porte à son héroïne, pour qui il compose sa partition la plus émouvante, transparaît à chaque mesure et gagne le coeur de tous.


It is striking to note that in the 19th century, the very notion of sexual pleasure is closely linked to infidelity. But also that this unfaithfulness to the family unit represents a kind of loyalty to it too, since this very pleasure is organized so as not to jeopardize the structure of the family unit. Indeed, the “Traviata’s circle” is not one you marry. It does not correspond to domestic values; it can only be contemplated as a “forbidden treat” that might be tolerated.
The “bourgeois” society is made of two areas: strict moral standards (religion that gives a scope, reproduction, unions that reinforces “irredeemable securities”, and the future), and, facing morality, immediate pleasure, involving no prospects, no stakes, no wisdom, no humanism. This pleasure could be compared with the minimum income support guaranteed to the beautiful women of the people - only guaranteed as long as they remain young and lovely! In short, one does not marry the maid, as beautiful as she may be. One takes advantage of her shamelessly, and then leaves her… Pleasure is not part of family life, pleasure is never part of religion: happiness is wise, properly ironed, starched, strict… Modest people escape those rules; they work and die with no utopian ideas… Their pleasure is considered as a vulgar and bestial one… Consequently, true sensual delight is granted to women chosen by the bourgeois for that task, as one would choose a car or a watch.
Here our Traviata stands, on the edge between poor origins and radiant beauty, whose insolence should only be exposed while serving “the owners”. Ultimately religion will persuade each one of them that their tragic end is nothing but the result of their sin, as if we could blame the apple for its very existence or for having lured on Adam! As if, above all, there were other answers! But society simply won’t offer them another place; society creates a gap, eclipsing the good people.
There are “social levels” but there is no “social ladder”! One cannot switch from a stinking and trivial level to a rich and moral one. Those who dominate are not aware of all this, they self-absolve themselves for their distractions without realising they are trampling on moral and physical misery. They fill the world with a formal compassion, helped with a respectable social charity. They can weep but they only see their pride, and easily get rid of their guilt!

In La Traviata, Verdi puts women on stage, but women polite society does not want to see. Because good society makes these women, uses them and virtuously refuses them any hope of redemption. He gives tragic greatness and sentiments to women only considered so far for their bodies offered to bargaining. This is how he introduces a fearsome weapon in opera: verisimilitude. And how he seizes at last what he calls “topicality”. Censors will vainly attempt to defuse this bombshell. We cannot imagine nowadays how violent and obscene the fourth act appeared at the time. In an opera, one dies offstage, by sword or poison. Violetta’s long agony, the cough that leaves her drained, are a brutal reminder of the morbidity of the bodies; bodies that the bourgeoisie wants healthy and corseted. Therefore we may be surprised by the popularity of La Traviata. But each bar shows the love that Verdi bears to his heroine (for her, he composes here his most moving score) and this is what wins everyone’s heart.

Olivier Desbordes, metteur en scène/Director

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