La force du conte de 1936 est d’avoir su mêler le propos
pédagogique (faire découvrir les instruments de l’orchestre)
à une imagination musicale toute de poésie et de spontanéité.
Qui se souviendrait de Pierre, du chat ou de l’oiseau si Prokoviev
n’avait su les caractériser avec toute la fraîcheur
de l’esprit d’enfance ? Cet esprit d’enfance, Ravel,
grand collectionneur de jouets mécaniques, l’a possédé
toute sa vie. En 1908, il tire de contes de Perrault et de ses imitateurs
l’irrésistible recueil Ma Mère l’Oye, qu’il
destine à ses « jeunes amis » d’une dizaine
d’années Mimie et Jean Gobeski. Rendez-vous donc cet été
avec La Belle au bois dormant, Laideronnette, le petit Poucet... et
nos rêves de gamins. Ces versions pour quintette à vent
redistribuent les cartes et nous oblige à revoir nos classiques
d’une oreille curieuse.
The
strength of this tale written in 1936 is that it combines an educational
aim (revealing the orchestra’s instruments) with a musical imagination
full of poetry and spontaneity. Indeed who would remember Pierre, the
cat or the bird if Prokoviev had not been successful in describing them
with all the freshness of a child’s mind?
Ravel (a great collector of clockwork toys) possessed this child’s
mind all his life. In 1908, he drew from tales by Perrault and his imitators
the irresistible anthology Ma Mère l’Oye, intended for
his “young friends” Mimie and Jean Gobeski. This summer,
prepare to meet Sleeping Beauty, Laideronette, Tom Thumb… and
your childish dreams.
These versions for wind quintet throw a new light on our classics and
compel us to listen to them with a curious ear.